Marcel Cohen,  VILLES - DETAILS, II, Suite et Fin, 2021

  • Villes Nouv.

    Villes

    Marcel Cohen

    « En dépit de leur parenté, ces trois livres ne s'aiment pas beaucoup et le donnent à voir », explique Marcel Cohen à propos de ses trois premiers ouvrages, réunis ici pour la première fois.
    Depuis longtemps indisponibles en librairie, et accueillis très chaleureusement à leur sortie, ces livres n'en forment pas moins une trilogie. Si chacune des villes dont il est question est bien réelle, elle l'est à sa façon et la manière qu'a l'auteur de les aborder oscille entre le reportage, l'hyperréalisme et une forme de rêve éveillé. Nous assistons ainsi, et tout à la fois, aux tâtonnements d'un jeune écrivain qui cherche sa manière, et aux déambulations d'un homme à la poursuite obstinée de lui-même.

  • Détails, II ; suite et fin Nouv.

    Comme dans le précédent volume de Détails, qu'il complète et prolonge, l'auteur explore les mille petits riens sur lesquels nous faisons journellement l'impasse. Qu'il s'agisse des rayures du zèbre, d'une nuit aux urgences d'un hôpital, d'une larve de papillon dans le carnet de travail d'un poète, d'un chalutier arraisonné par un sous-marin ennemi pendant la Première Guerre mondiale, de la vétusté des ascenseurs new-yorkais ou d'une petite fille faisant des pâtés de sable, l'auteur témoigne d'un sens tout à fait unique de l'observation, de l'introspection et de l'Histoire. En faisant du détail, et de faits avérés, un passage obligé il renverse le point de vue habituel et réveille singulièrement le regard et la pensée du lecteur.

  • «Je sais bien que les objets familiers sont synonymes d'aveuglement : nous ne les regardons plus et ils ne disent que la force de l'habitude. Mais le coquetier, dans le placard à vaisselle, et ne serait-ce que de façon très épisodique, a eu bien des occasions de susciter quelques bouffées de tendresse à l'égard de Marie. Je me dis qu'on ne conserve pas un objet aussi modeste, et aussi défraîchi, pendant soixante-dix ans sans de sérieuses raisons.» Marcel Cohen.

  • Détails ; faits

    Marcel Cohen

    Détails qui s'inscrit dans le prolongement de la trilogie des Faits (publiée entre 2002 et 2010), témoigne une nouvelle fois chez l'auteur, mais sous un angle légèrement différent, du sens tout à fait unique de l'observation, de l'introspection et de l'Histoire. En faisant du détail d'un paysage, d'une situation, d'une oeuvre d'art, l'essentiel, il renverse le point de vue habituel et réveille singulièrement le regard et la pensée de son lecteur.

  • Si le titre ne laisse aucun doute sur la volonté d'échapper au genre romanesque, le sous-titre pourrait, à tort, insinuer que l'auteur s'adresse, et de manière un peu condescendante, à des lecteurs ne sachant pas tout à fait lire.
    En réalité, c'est en tentant, autant que faire se peut, d'épousseter ses narrations de leurs scories et redondances qu'il s'est surpris en train d'écrire, bien malgré lui, quelque chose s'apparentant aux livres de lecture courante de notre enfance. On aura compris que les courts textes réunis ici ne sont pas pour autant destinés aux jeunes lecteurs : ils s'adressent à des adultes ayant peu de goût pour les histoires édifiantes et assez d'imagination pour ne pas attendre qu'on leur tienne la main.
    Dans ce livre, chacun voyage à sa guise. Bien au-delà de l'esthétique ou de la théorie, l'effondrement du sens (ou sa multiplicité) dans un livre n'ayant ni réel début ni fin, et qui, de manière anarchique, pourrait, tout aussi bien, proliférer à l'infini, est ici la marque même de l'époque. Mais l'absence de tout lien entre ces pages, leur extrême liberté, leur densité, est aussi ce qui leur permet de briller d'une étrange lumière de quartz noir.
    Si, par ailleurs, le regard de l'auteur nous est si proche c'est qu'il est, essentiellement, celui d'un homme d'aujourd'hui.

  • Faits t.2

    Marcel Cohen

    après faits (lecture courante à l'usage des grands débutants) qu'il développe et amplifie, ce second tome, pas plus que le précédent, ne laisse de doute sur la volonté de l'auteur d'échapper au genre romanesque.
    ce n'est pas seulement parce que la fiction lui paraît trop logique et trop sage, y compris dans ses outrances : elle reste, à ses yeux, une manière ambiguë de détourner le regard. ce livre s'adresse donc à des lecteurs ayant peu de goût pour les histoires édifiantes et n'attendant pas qu'on leur tienne la main. l'extrême diversité des thèmes abordés ici, la volonté de regarder résolument autour de soi (comme en témoignent le titre et les notes, inhabituelles dans un ouvrage littéraire), la prolifération des chapitres, la liberté d'écriture, l'apparent effacement de l'auteur lui-même laissent clairement entendre que la littérature dispose d'un champ d'investigation infiniment plus vaste qu'il n'y paraît.
    c'est ainsi qu'on passe sans transition de la gare de triage de drancy à la pianiste clara haskil, du bon usage de l'automobile, en cas de rupture d'une liaison amoureuse, à l'étrange odyssée de l'arbre à papillons, échappé du muséum d'histoire naturelle. bien au-delà de l'esthétique ou de la théorie, ouvrir ce livre est donc une aventure et il n'est nullement paradoxal d'y découvrir un suspense rappelant le roman noir : rien ne permet au lecteur d'imaginer ce qu'il lira en tournant la page.

  • À une terrasse de café, un homme s'interroge sur l'étrange résonance des talons féminins. Un écrivain ne peut travailler que dans sa chambre noire de photographe amateur. Une femme de soldat s'inquiète, contre toute logique, des bonnes nouvelles qu'elle reçoit du front. Un peintre et un saxophoniste new-yorkais échangent leur montre. Une colombe ne quitte le chapeau d'un prestidigitateur que pour disparaître à jamais. Des informations très précises nous renseignent sur l'élevage intensif du porc comme sur la genèse du K. 540 de Mozart.
    Tels sont quelques-uns des thèmes abordés dans ce dernier volume de la trilogie commencée avec Faits (Lecture courante à l'usage des grands débutants) et poursuivie avec Faits, II. De chapitre en chapitre, de fait en fait, le lecteur, pas plus que dans les volumes précédents, ne peut imaginer où le mènera l'auteur. En ce sens, ouvrir Faits, III est bien une aventure. On peut voir dans ces pages denses, souvent réduites au strict énoncé de faits aisément vérifiables, une incapacité, ou une répugnance, à ordonner un récit selon les critères habituels de la narration. La prolifération des thèmes abordés dans les 275 chapitres de cette trilogie, la multiplicité des lectures possibles, les notes en fin de volume, inhabituelles dans des ouvrages littéraires et qui témoignent d'une volonté de regarder notre époque au plus près, font de ces trois livres une entreprise et une aventure littéraires en tout point singulières.

  • Dans Le grand paon-de-nuit, comme dans les deux titres repris dans ce volume, on peut se demander s'il s'agit bien de prose, et non pas plutôt de poésie.
    En lisant ces textes brefs, souvent fulgurants, on se demande même si Marcel Cohen ne nous livre pas des sujets de nouvelles, ou des réflexions, qui ne gagneraient rien à être développés. Chez un auteur qui se contente souvent de rapporter des Faits, comme dans la trilogie du même nom, on touche sans doute là l'essentiel : au fil de ces pages d'un laconisme extrême, ce qui nous captive c'est, finalement, notre rôle de lecteur : peut-être nous revient-il, et à nous seul, d'écrire le volume que nous tenons entre les mains. Le plus important, semble nous dire l'auteur, s'écrit dans le blanc de la page, le lecteur est adulte, et il a toujours raison.

  • 'Je sais bien que les objets familiers sont synonymes daveuglement : nous ne les regardons plus et ils ne disent que la force de l'habitude. Mais le coquetier, dans le placard ´r vaisselle, et ne serait-ce que de façon trcs épisodique, a eu bien des occasions de susciter quelques bouffées de tendresse ´r légard de Marie. Je me dis quon ne conserve pas un objet aussi modeste, et aussi défraîchi, pendant soixante-dix ans sans de sérieuses raisons. La crainte de le voir disparaître confirme cet attachement. Le petit coquetier, aujourdhui, nest donc pas seulement la concrétion dun souvenir. Est-il abusif dy voir la qualité meme de ce souvenir, sa texture, quelque chose daussi incertain que le reflet dune aura?' Marcel Cohen.

  • L'assassinat d'un garde dans la forêt de pail en 1690 les rendez-vous d'un couple d'amants qui se réfugie dans le plus total anonymat, les confessions d'un marin, prenant son quart à la passerelle d'un cargo, la nuit en plein atlantique, ou bien encore les souvenirs, d'un chasseur de météorites : rien ne semble, à première vue, relier les quatorze textes de ce livre.


    Sans doute ces courts chapitres d'un roman improbable, disent-ils, d'abord, l'impossibilité, pour l'auteur de suivre un fil narratif qui assurerait la cohérence d'un récit. bien au-delà de l'esthétique ou de la théorie, l'effondrement du sens, est ici, la marque même de l'époque. mais l'absence de tout contexte, et l'extrême liberté de ces textes denses, est sans doute aussi ce qui leur permet de briller d'une étrange lumière de quartz noir.

  • Le thème de la tauromachie occupe une place significative à la fois dans l'OEuvre peint et dans l'OEuvre écrit de Saura. En 1989, il crée une importante suite de peintures acryliques et d'encres de Chine sur des photographies de Jean Bescós, reprenant ainsi le genre de la superposition qu'il avait inauguré en 1957. La quasi- totalité de ces peintures est reproduite dans le présent ouvrage. Marcel Cohen a écrit les textes qui comptent parmi les plus importants consacrés à Antonio Saura.
    Dans le présent ouvrage, il est l'auteur de 34 textes qui accompagnent les 34 peintures de Saura et les 46 photographies de Jean Bescós.

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